Sommaire 27 parties
- En bref
- Multirisque pro : la base en une phrase
- RC pro vs multirisque : bien distinguer
- Biens assurés : locaux, matériel, stock
- Perte d’exploitation : l’oubli qui coûte cher
- Protection juridique et défense-recours
- Option cyber et e-réputation
- Transport, exposition, coworking : êtes-vous couvert ?
- Plafonds, franchises, sous-limites : le nerf du contrat
- Stock, e-commerce, livraison : points d’attention
- MRH perso vs multirisque pro : ne pas confondre
- Bris de machine, data et sauvegardes
- Freelance nomade, coworking, missions sur site
- Exclusions fréquentes à connaître
- Prix 2026 : ordres de grandeur (indicatifs)
- Comparatif express (exemple fictif)
- Exemples chiffrés : vol matériel et perte d’exploitation
- Baisser la prime sans rogner la couverture
- Comment choisir : grille rapide
- Déclarer un sinistre : incendie, vol, dégât des eaux
- Runbook vol hors locaux (train/café)
- Modèle court de déclaration de sinistre (vol)
- Prévention et preuves : votre meilleur levier
- Mini-glossaire multirisque
- Check-lists prêtes
- FAQ — assurance multirisque professionnelle
- Conclusion
En bref
- Multirisque = RC pro + dommages aux biens (locaux, matériel, stock) + perte d’exploitation + souvent protection juridique ; options cyber/transport/bris de machine.
- Prix indicatifs 2026 : services 300–600 €/an, artisanat 400–800 €, retail 400–700 €, restauration 600–1 000 € (selon CA, matériel, zone).
- Plafonds/franchises et exclusions font le vrai contrat : lisez-les pour éviter les mauvaises surprises (vol sans effraction, dégât des eaux non déclaré, matériel hors locaux).
- Perte d’exploitation = clé pour survivre à un sinistre ; option cyber utile dès que vous stockez des données clients.
- Check-list : inventaire des biens, valeur à neuf, sécurités (alarmes, verrou), preuves (factures, photos), numéro d’urgence sinistre.
Multirisque pro : la base en une phrase
Une assurance multirisque professionnelle combine en un seul contrat : la responsabilité civile professionnelle, lagarantie des biens (locaux, matériel, stock), laperte d’exploitation et souvent laprotection juridique. Elle peut intégrer des options comme le cyber, le bris de machine, ou le transport de matériel.
À retenir La RC pro protège contre les dommages causés aux tiers ; la multirisque protège aussi vos propres biens et vos revenus après sinistre.
RC pro vs multirisque : bien distinguer
La RC pro couvre les dommages matériels, corporels et immatériels causés à des tiers dans le cadre de votre activité. La multirisque y ajoute la protection de vos propres biens et la perte d’exploitation. Ne confondez pas : une RC pro seule ne paiera ni votre matériel volé ni vos revenus perdus après un incendie.
À retenir Pour un freelance IT en coworking, la RC pro gère un dégât chez un client ; la multirisque rembourse l’ordinateur volé et couvre la perte d’exploitation si vos serveurs sont détruits dans vos locaux.
Biens assurés : locaux, matériel, stock
Biens couverts : locaux pro (bureaux, atelier, boutique), matériel (ordinateurs, outils, machines), stock (marchandises). Vérifiez la valeur assurée (neuf ou vétusté déduite), le vol (effraction ? violences ?), l’incendie, dégâts des eaux, événements climatiques. Pour les free en coworking : option « hors locaux » ou « en exposition » pour couvrir matériel en déplacement.
À retenir Faites un inventaire et gardez factures + photos. Mettez à jour en cas d’achat de matériel coûteux (caméra, serveur, machine CNC).
Perte d’exploitation : l’oubli qui coûte cher
Après un sinistre (incendie, dégât des eaux, vol lourd), la multirisque peut indemniser la marge brute ou une indemnité forfaitaire pour compenser l’arrêt temporaire de l’activité. Définissez le montant et la durée d’indemnisation. Sans cette garantie, vous devrez absorber seul les charges fixes pendant l’interruption.
À retenir Même un freelance solo a des charges fixes (loyer, SaaS, abonnements). Une petite indemnité forfaitaire de 3–6 mois peut faire la différence en cas d’incendie ou de vol de parc informatique.
Protection juridique et défense-recours
Une multirisque inclut souvent une protection juridique : hotline, courriers, prise en charge d’avocats dans certaines limites. Vérifiez les plafonds par litige, le libre choix d’avocat, les domaines (contrats, fiscal/social, cyber, e-réputation) et les délais de carence.
À retenir Si vous n’avez pas de PJ dédiée, vérifiez que celle de la multirisque n’est pas trop sous-plafonnée (ex. 1 000 €) pour un vrai contentieux.
Option cyber et e-réputation
Cyber peut couvrir assistance en cas de ransomware, fuite de données, reconstitution de données, notification RGPD, voire atteinte à l’e-réputation. Plafonds souvent séparés (5–50k €). Pour les freelances traitant des données clients, c’est une option à envisager.
À retenir Un simple laptop volé avec données clients peut déclencher une obligation de notification. Une option cyber réduit le coût de gestion de crise.
Transport, exposition, coworking : êtes-vous couvert ?
Matériel en déplacement (train, avion, voiture) ou sur salon nécessite souvent une option « transport » ou « exposition ». En coworking, vérifiez si la multirisque du lieu couvre vos biens (souvent non). Ajoutez une extension « hors locaux » pour couvrir vol/dégradation de votre matériel pro en mobilité.
À retenir Un vol de laptop dans un train est fréquent ; sans extension transport, la garantie peut être refusée (pas d’effraction).
Plafonds, franchises, sous-limites : le nerf du contrat
Regardez : plafond global, plafond par sinistre, sous-limites (vol, expo, transport, données), franchise (fixe ou %), valeur à neuf ou vétusté déduite. Certains sinistres (vol sans effraction, oubli de déclaration) sont exclus. Mettez ces chiffres en face de la valeur réelle de vos biens et de votre risque.
À retenir Une prime basse cache parfois une sous-limite vol ridicule (ex. 1 000 €). Ajustez la sous-limite au prix de votre parc matériel.
Stock, e-commerce, livraison : points d’attention
Le stock (boutique, atelier, stockage externalisé) doit être déclaré avec sa valeur. Vérifiez les sous-limites vol/incendie et la prise en charge lors des transports ou de la livraison (y compris via prestataire). Pour l’e-commerce, regardez la couverture pendant l’acheminement et le risque de vol en point relais si vous en êtes responsable.
À retenir Si vous faites du dropshipping ou stock déporté, clarifiez qui porte le risque et souscrivez l’option transport/livraison si vous êtes responsable jusqu’à la remise au client.
MRH perso vs multirisque pro : ne pas confondre
Une MRH (habitation) couvre vos biens personnels et, rarement, une petite partie d’activité pro à domicile. Elle exclut souvent le matériel professionnel, le stock, et ne comprend pas la perte d’exploitation. La multirisque pro cible les biens et risques liés à l’activité. Travailler avec du matériel pro déclaré comme perso peut mener à un refus en sinistre.
À retenir Déclarez votre activité à l’assureur habitation ; souvent il demandera une multirisque dédiée pour couvrir le pro.
Bris de machine, data et sauvegardes
Le bris de machine couvre la casse accidentelle d’un équipement (ex. PC, caméra, machine). Vérifiez si c’est inclus ou optionnel, et les sous-limites. Les données ne sont pas toujours couvertes ; l’option cyber peut inclure reconstitution de données. Sans sauvegarde, une indemnisation data est souvent refusée.
À retenir Chiffrez et sauvegardez ; un SSD chiffré + sauvegarde cloud sont une condition tacite pour éviter les refus (négligence).
Freelance nomade, coworking, missions sur site
Nomadisme = risque vol sans effraction (train, café). Prévoyez une extension transport/hors locaux et une sous-limite adaptée. En coworking : les espaces couvrent leurs locaux, pas toujours votre matériel. En mission chez client : la RC pro couvre les dommages au client, la multirisque couvre votre matériel si l’extension hors locaux est active.
À retenir Un ordinateur dans un café sans surveillance n’est pas couvert si vol sans effraction ; gardez-le sous clé/attache et ne le laissez pas hors de vue.
Exclusions fréquentes à connaître
Vol sans effraction (voiture non verrouillée), absence de facture, non-respect des normes (élec, incendie), défaut d’entretien, données non sauvegardées, biens personnels non déclarés, actes intentionnels, catastrophes non garanties (vérifiez CATNAT), activités non déclarées.
À retenir Sauvegardes et preuves d’achat sont vos alliés ; sans facture, l’indemnisation peut être réduite voire refusée.
Prix 2026 : ordres de grandeur (indicatifs)
Services (consultant/coach) : 300–600 €/an. Artisanat (plombier, électricien) : 400–800 €. Retail : 400–700 €. Restauration : 600–1 000 €. Variables : CA, matériel/stock, zone géo, sécurités (alarme, serrure), sinistralité. Un pack RC pro + multirisque est souvent plus compétitif que deux contrats séparés.
À retenir Comparez le ratio prime/plafond vol et la perte d’exploitation incluse ou non ; c’est là que se joue la vraie valeur.
Pensez aussi aux réductions si vous avez déjà un contrat perso (auto, habitation) chez le même assureur : certains appliquent des remises pack. Demandez un devis avec et sans perte d’exploitation pour mesurer l’impact sur la prime, puis décidez en fonction de vos charges fixes.
Comparatif express (exemple fictif)
- Offre A : 350 €/an, vol plafonné 1 500 €, pas de perte d’exploitation.
- Offre B : 520 €/an, vol 5 000 €, perte d’exploitation forfait 3 mois, PJ incluse.
- Offre C : 680 €/an, vol 8 000 €, perte d’exploitation 6 mois, option cyber 20k €.
À retenir L’offre B peut suffire pour un parc modeste, l’offre C pour un free IT avec data et matériel onéreux.
Exemples chiffrés : vol matériel et perte d’exploitation
Freelance IT (matériel 6 000 €) : offre B avec vol 5 000 € → reste à charge 1 000 € + franchise. Mieux vaut une sous-limite 8 000 € si vous avez plusieurs devices. Perte d’exploitation 3 mois à 1 500 €/mois = 4 500 € d’indemnité potentielle.
Artisan (atelier + stock 20 000 €) : privilégier une sous-limite stock ≥ 20k, valeur à neuf. Perte d’exploitation : couvrir le loyer/charges pendant 3–6 mois. Franchise incendie souvent faible, franchise vol plus élevée.
À retenir Alignez la sous-limite vol sur la valeur maximale du matériel qui peut être volé en une fois (ex. salon, véhicule).
Baisser la prime sans rogner la couverture
- Augmenter légèrement la franchise si vous avez peu de sinistres.
- Fournir preuves de sécurité (alarme, serrure, coffre) pour un tarif réduit.
- Pack RC + multirisque : souvent moins cher que deux contrats séparés.
- Mettre à jour l’inventaire pour éviter de sur-assurer ou sous-assurer.
- Supprimer les options inutiles (ex. exposition) si vous n’en faites jamais.
À retenir Ne baissez pas la sous-limite vol si votre matériel dépasse 5 000 € ; jouez plutôt sur la franchise ou un pack groupé.
Comment choisir : grille rapide
- Valeur de votre matériel/stock et sous-limites vol/bris.
- Perte d’exploitation : présente ? montant/durée ?
- Protection juridique : plafond et domaines.
- Option cyber/transport si data ou mobilité.
- Franchise et valeur à neuf vs vétusté déduite.
- Zone couverte (domicile, coworking, déplacements, export).
À retenir Faites un tableau avec 3 offres ; pondérez prix, vol, perte d’exploitation, cyber, PJ. Choisissez celle qui colle à vos risques réels.
Déclarer un sinistre : incendie, vol, dégât des eaux
- Déclarer immédiatement (délai contractuel court).
- Fournir factures, photos, inventaire, preuves d’effraction (PV police).
- Protéger le site, éviter d’aggraver le sinistre, garder les pièces endommagées.
- Coopérer avec l’expert, répondre aux demandes de pièces.
À retenir Un dossier complet et daté (photos + PV) accélère l’indemnisation.
Vol sans effraction (ex. pickpocket en déplacement) est souvent exclu. Si vous transportez du matériel, privilégiez cadenas/traceur et rangez les preuves d’achat dans le cloud pour prouver la valeur.
Runbook vol hors locaux (train/café)
- Verrouiller comptes/terminal, activer la localisation/effacement si possible.
- Déposer plainte rapidement (PV pour l’assureur).
- Déclarer à l’assureur avec facture, n° de série, preuve d’effraction/vol, photos.
- Bloquer accès aux données clients et notifier si données sensibles (RGPD).
- Racheter/remplacer selon la sous-limite, rétablir les sauvegardes.
À retenir Sans PV et sans facture, l’indemnité peut être fortement réduite.
Modèle court de déclaration de sinistre (vol)
« Bonjour, je déclare le vol de mon matériel pro (ordinateur [modèle], n° série [xxx]) survenu le [date] à [lieu]. PV police joint. Facture d’achat et photos jointes. Valeur estimée : [€]. Matériel sécurisé (cadenas/attache) ; vol constaté malgré cela. Merci de confirmer la prise en charge et les prochaines étapes. »
À retenir Joindre PV, facture, photos, n° de série dès la première déclaration réduit les allers-retours et accélère l’indemnisation.
Prévention et preuves : votre meilleur levier
Installez des serrures/alarme, gardez des sauvegardes hors site, chiffrez vos disques, séparez perso/pro. Conservez factures, numéros de série, photos. Mettez à jour votre inventaire 2 fois par an.
À retenir Une sauvegarde cloud + un disque externe chiffré réduit le risque cyber/vol et rassure l’assureur.
Transport : utilisez une housse discrète, ne laissez pas le matériel apparent dans un véhicule, notez marque/modèle/numéro de série. En exposition/salon, demandez si l’assureur exige des mesures (vigiles, verrouillage nocturne).
Mise à jour annuelle : refaites l’inventaire, ajustez les sous-limites, envoyez à l’assureur si vous augmentez la valeur assurée. Un matériel non déclaré peut être indemnisé partiellement (règle proportionnelle).
Mini-glossaire multirisque
- Sous-limite : plafond spécifique (vol, transport, cyber) à l’intérieur du plafond global.
- Franchise : part à votre charge par sinistre.
- Valeur à neuf : indemnisation sans vétusté déduite (souvent plafonnée).
- Perte d’exploitation : indemnité pour compenser l’arrêt d’activité après sinistre.
- Bris de machine : casse accidentelle d’un équipement (optionnelle selon contrat).
- CatNat : garantie catastrophes naturelles, déclenchée par arrêté.
Check-lists prêtes
Avant de souscrire
- Inventaire matériel/stock (valeur à neuf).
- Sous-limites vol/transport/cyber comparées.
- Perte d’exploitation : présente ? montant/durée ?
- PJ incluse (plafond, domaines).
Au quotidien
- Sauvegardes régulières + chiffrement disques.
- Factures et photos dans un dossier cloud.
- Matériel en déplacement : housse/traceur, vigilance transport.
En cas de sinistre
- Déclaration immédiate + PV si vol.
- Photos dégâts, liste des biens impactés.
- Ne réparez pas avant l’expert (sauf urgence sécurisation).
Plan 30-60-90 jours
- J+30 : inventaire et valeur à neuf, comparer 3 offres (sous-limites vol/cyber).
- J+60 : souscrire, stocker attestations et contacts sinistre, organiser sauvegardes.
- J+90 : tester la déclaration en blanc, mettre à jour inventaire et photos.
L’essentiel
- RC pro ≠ multirisque : la seconde protège aussi vos biens et revenus.
- Regardez sous-limites vol/transport/cyber et la perte d’exploitation.
- Inventaire + factures + photos = indemnisation plus rapide.
- Option cyber utile dès que vous stockez des données clients.
- Un pack RC + multirisque est souvent moins cher que deux contrats.
- Déclarez tout sinistre vite, avec PV/preuves pour éviter un refus.
- MRH perso ne couvre pas votre matériel pro : déclarez-le en multirisque.
FAQ — assurance multirisque professionnelle
La multirisque remplace-t-elle la RC pro ?
Non, elle l’intègre généralement mais ajoute la couverture de vos biens et pertes d’exploitation.
Comment est indemnisé mon matériel ?
Selon le contrat : valeur à neuf ou vétusté déduite, avec franchise et sous-limite vol/transport.
Dois-je déclarer mon coworking ?
Oui, et demander une extension « hors locaux » si vos biens sont régulièrement en mobilité.
La perte d’exploitation est-elle automatique ?
Non, vérifiez si elle est incluse et le montant/durée. Sinon, demandez l’option.
Y a-t-il des exclusions sur le vol ?
Souvent oui (pas d’effraction, véhicule non verrouillé). Lisez les conditions et adaptez vos sécurités.
Ma MRH couvre-t-elle mon PC pro à domicile ?
Généralement non ou très partiellement. Déclarez-le dans une multirisque pro.
Que faire si mon CA ou mon matériel augmente ?
Mettez à jour l’inventaire et prévenez l’assureur pour ajuster les sous-limites et éviter la sous-assurance.
Conclusion
L’assurance multirisque pro n’est pas réservée aux grandes structures : pour un auto-entrepreneur, elle protège ce qui compte vraiment : vos biens, votre RC et surtout vos revenus après sinistre. Ne regardez pas que la prime : examinez sous-limites, franchises, perte d’exploitation, cyber et PJ. Un inventaire à jour, des preuves et un process clair (déclaration rapide) font la différence entre une indemnisation fluide et une mauvaise surprise.
Choisissez une offre alignée sur votre risque réel (valeur matériel, mobilité, data clients). Un pack RC + multirisque bien calibré vous coûtera moins cher qu’un arrêt d’activité non couvert.
Prenez 1 h pour faire l’inventaire, 30 min pour comparer 3 offres, et planifiez une mise à jour semestrielle : c’est votre meilleur filet anti-coup dur.
Enfin, testez un faux sinistre une fois par an (vol simulé, incendie imaginaire) pour vérifier que vous savez qui appeler, quels documents fournir et si vos sous-limites sont toujours adaptées. Mieux vaut découvrir un trou de garantie avant que le vrai sinistre n’arrive.
Sites officiels à consulter
Les règles évoluent : vérifiez votre situation sur ces sites ou auprès d’un professionnel avant une décision.